NAISSANCES DE MULÂTRES
Voir sur le site POTOMITAN Un petit Mulâtre, petit-fils du Maître de Félix-Hilaire FORTUNÉ.
Dans son roman de 1972,LA MULÂTRESSE SOLITUDE, André Schwarz-Bart rappelle les circonstances qui ont précédé les naissances de mulâtres :
"enfants de barrières, de fossés ou de chemins (d'où leur surnom dérisoire de Chimène) et surtout fruits de ces amours de vaisseaux négriers, de cette ètrange coutme, la Pariade, qui avait lieu un mois avant l'arrivée au port, jetant soudain les matelots ivres sur les ventres noirs lavés à grandes giclées d'eau de mer."
Au XVIIe siècle, dans son Histoire générale des Antilles, le
R.P J.B du Tertre réserva un chapitre :
De la naissance honteuse des Mulastres & de leur condition
où il écrivit, parlant des mulâtres :
"Messieurs les Gouverneurs ont eu pitié de ces pauvres enfans ; car ils ont crû qu'ils estoient
assez mal-heureux de porer sur leur front, & dans la couleur de leur visage l'opprobe de
leur naissance, sans adjouster l'esclavage pour punir un crime dont ils sont innocens : c'est
pourquoy ils ne sont point arrestez à cette axiome de Droit, qui rend l'enfant de la condition
de la mère qui l'enfante, Partus sequitur ventrem, & ils les ont déclarez libres pour
punir le peché de leurs Peres."pp.478-479
Cette liberté des mulâtres était remise en cause en 1674, comme le rapporta le
Père Labat dans son Nouveau voyage aux isles de l'Amérique, car le
ROI :
" a fait revivre par sa Déclaration la loi Romaine, qui veut que les enfans suivent le sort du
ventre qui les a portez ; Partus sequitur ventrem ; et que par conséquent les Mulâtres provenant d'une mère esclave soient aussi esclaves."
A la fin du XVIIIe siècle, n'ayant ni le statut des Blancs prpriétaires, ni des Noirs esclaves,
les Mulàtres jouissaient d'un statut de
gens libres...
Dans sa description de la partie française de Saint-Domingue
,
Moreau de Saint-Méry caractérisera Mulâtres et Mulâtresses comme êtres de plaisir.
Le Mulâtre aime le plasir, c'est son unique maître, mais ce maître est despotique. Danser, monter
à cheval, sacrifier à la volupté, voilà ses trois passions. Il égale le Créole blanc dans la
première, et le laisse loin derrière lui dans la dernière"
"L'être entier d'une Mulâtresse est livré à la volupté, et le feu de cette Déesse brûle dans son
coeur pour ne s'y éteindre qu'avec la vie. Ce culte, voilà tout son code, tous ses voeux, tout son bonheur. Il n'est rien que l'imagination la plus enflammée puisse concevoir, qu'elle n'ait pressenti, deviné, accompli."
- Fermer -